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Quand le cinéma “starifie” la voiture américaine
L’automobile a toujours été étroitement liée à l’invention des frères Lumière. Tout d’abord leurs naissances sont proches : le cinéma débute en 1895 quelques années après l’apparition de la voiture et dès l’année suivante Louis filme le départ de la course Paris-Marseille bien que les automobiles ne soient pas encore ancrées dans le quotidien. Le cinéma va donc promouvoir ce mode de déplacement.
Quand Henry met au point la chaîne de montage, sa Ford T se vend comme des petits pains et Charles Chaplin en fait une éloge gracieuse : en 1919, dans “A Day’s Pleasure”, la troisième partie du film est entièrement consacrée à ce bolide.
On retrouve la Ford T encore à l’honneur par l’intermédiaire de Laurel et Hardy. En effet en 1929, “Perfect Day” ou encore “Big Business” avec un modèle pick-up permettant la distribution de sapin de Noël font rêver un public masculin.
Devenue incontournable dans la vie de tous les jours, la voiture américaine s’affiche à l’écran systématiquement.
En 1932, Scarface l’original défraye la chronique. Censuré pendant deux ans au temps de la prohibition, les gangsters eux-mêmes font la promotion de véhicules.
L’attribut est aisément identifiable, l’homme est le pilote, l’objet de convoitise a un sexe bien défini.
Métaphore sans contestes du pouvoir, l’auto devient parfois l’élément primordial du film : le réalisme des courses poursuites hausse indéniablement le ton de l’auto-star.
En 1968, Steve Mac Queen à bord de sa Mustang Fastback V8 390 GT prend en chasse dans San Francisco la Dodge Charger V8 440 des tueurs.
Il n’y a aucun trucage, les points de vue sont saisissants avec caméras embarquées et extérieures ; il est vrai que plusieurs prises sont nécessaires et qu’il s’agit bien de cascadeurs présents dans les scènes mais Bullitt a bouleversé l’image de la voiture américaine dans un film. Oscarisé pour meilleur montage, Bullitt est entré dans les classiques du cinéma américain avec la représentation visuelle de la vitesse procurant puissance et ivresse de conduite.
1971 est l’année phare des courses poursuites après l’instigateur lieutenant Bullitt, French Connection qui rivalise de réalisme rend New-York témoin d’une chevauchée extraordinaire pour rattraper un métro aérien.
S’en est suivi “Duel”, le premier Spielberg avec l’ogre d’acier, le Truck Peterbilt 281 qui terrifie la Plymouth Valiant à bout de souffle dans le désert californien.
Cette même année, une course effrénée a lieu de Denver à San Francisco en moins de 15h avec une Dodge Challenger R/T de 1970 dans Point Limite zéro ou “Vanishing Point“. (titre original)
Même le plus célèbre des espions de l’histoire du cinéma s’est mis à la voiture américaine; dans “Les diamants sont éternels”, le fin connaisseur et amateur d’automobiles, le britannique volage parade avec sa Mustang Fastback 1971.
La Grande Casse (Gone in 60 seconds) de 1974 est aussi un mythe du cinéma américain, ce road-movie nous permet de voir défiler allègrement Chevrolet Camaro 1967, Pontiac GTO 1969, Corvette Stingray 1970, Dodge Challenger 1970, Dodge Charger 1971, Ford Mustang 1971, Plymouth Barracuda 1972 et d’autres encore, on notera tout de même 93 voitures détruites en 40 minutes, quel massacre! En tout cas, grande source d’inspiration pour Tarentino qui rendra hommage avec son Boulevard de la Mort.
La Dodge Monaco 1974 de police alias la Bluesmobile entre dans l’histoire du cinéma à Chicago en 1980 avec les Blues Brothers en outre grâce à la pléiade de musiciens chanteurs mais aussi avec la démolition de plus d’une soixantaine de véhicules de police.
Burt Reynolds rendit célèbre la fameuse Pontiac Trans Am entre 1977 et 1984 avec “Cours après moi Shérif”, “Tu fais pas le poids Shérif”, “L’équipée du Canonball” et suite
En 1984 Christine n’en fait qu’à sa tête, la Plymouth Fury de 1957 est littéralement l’héroïne du film qui s’acharne sur ses concurrentes.
D’autres films récents témoignent de la grandeur de la voiture américaine, même si l’intérêt du scénario est loin d’être irréprochable, les amateurs de belles mécaniques se satisferont volontiers : le remake 60 secondes chrono est une mine d’or, que de merveilles : les Cadillac Eldorado 1958-1959-2000, Chevrolet Corvette 1953-1967, Chevrolet Camaro 1969, Dodge Charger 1969, Plymouth Roadrunner 1969 et Hemicuda 1971, Pontiac GTO 1965 une Cobra de 1966, on en passe et des meilleurs, l’Eleanor la plus représentative du film la Shelby Mustang GT 500.
Transformers & suite et la série des Fast and Furious qui mettent réellement en avant la voiture américaine d’exception n’ont que faire des critiques scénaristiques, le public est au rendez-vous… la fascination pour la vitesse et le rêve par l’enivrement resteront, le cinéma et la voiture américaine ne se lasseront jamais de leur union.Dossier spécial : La voiture américaine au cinéma
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